| La veille de la journée mondiale sans Tabac (01 Juin 2011), l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé a fait paraître un communiqué de presse intitulé : « Point d’information sur les cigarettes électroniques. » (1) Nous avons cherché à savoir ce qu’il en est réellement, voici l’état des lieux. L’ensemble des médias français ont repris tous en cœur ce communiqué après l’avoir interprété chacun à son tour et à sa convenance. Nous avons cherché à avoir l’avis des acteurs de ce marché afin de voir si l’Afssaps avait bien pris le soin d’étudier ce sujet en profondeur. Et bien on en est loin. Pourquoi les médias n’ont-ils pas contacté les sociétés qui commercialisent ces fameuses cigarettes électroniques afin d’avoir leur avis et connaître leur position ? Pourquoi les pharmaciens n’ont pas dit tout haut ce qu’ils pensent (et qu’ils nous ont dit) tout bas derrière leur comptoir ? L’Afssaps ferait elle le jeu, comme pour le médiator, des grands laboratoires pharmaceutiques qui commercialisent patchs et autres gommes à mâcher ? Ne serait-on pas face à un réel conflit d’intérêt? L’état et les politiques auraient-ils intérêt à défendre la position des grands laboratoires? Pour une fois, les petits fabricants n’auraient ils pas été meilleurs que les grands laboratoires qui sont si souvent en réunions et en séminaires ? Tour d’horizon de la situation en toute impartialité.
Etat des Lieux en France
La cigarette électronique a fait son apparition en France en 2008 grâce à quelques acteurs majeurs de ce secteur en France « CIGARETTEC ». Surtout commercialisée sur internet, ce produit a très vite passé les portes des pharmacies et des bureaux de tabac.
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Pourquoi ?
Si on s’en tient aux différents témoignages de pharmaciens interrogés (plus de 30 titulaires d’officines interrogés partout en France), le produit serait très efficace et de bonne facture. Certains pneumologues prescrivent même ce produit à leurs patients, et ceci contre l’avis de l’Afssaps. Tous les pharmaciens qui ont eu le produit entre leurs mains sont unanimes : « le produit répond à un vrai besoin, il est la parfaite liaison entre le fumeur et le presque ancien fumeur. Ce produit a une vraie raison d’exister et doit être plus connu qu’il ne l’est à l’heure actuelle. Sans leur cigarette électronique, tous les patients vont rechuter alors qu’ils étaient dans une réelle démarche d’arrêt du tabac. On va juste leur dire, maintenant, d’aller acheter le produit en bureaux de tabac (où il sera placé entre 2 paquets de cigarettes). C’est vraiment la preuve que certains, assis derrière leur bureau, sont déconnectés de ce qui se passe sur le terrain. Ça fait 2 ans qu’on vend le produit et, croyez moi, ça marche bien mieux que les patchs, sans compter qu’on a jamais vu d’allergie (que l’on constate chez certains patients lors de l’utilisation de patchs) » nous avance un pharmacien parisien. Ce pharmacien nous présente aussitôt des tests réalisés par la marque qu’il commercialise, tests réalisés auprès du Laboratoire National d’Essai Français. Ces tests montrent bien que l’utilisation de la cigarette électronique ne provoque ni dégagement de monoxyde de carbone, ni de goudrons. Les dosages en nicotine sont bien respectés et sont conformes à leur étiquetage. Le seul produit n’ayant pas bonne presse dans la composition de ces cartouches serait la nicotine. Et c’est justement de cela dont il est question car ce composant possède un fort pouvoir de dépendance. Il termine en nous expliquant qu’à ce jour il n’a pas reçu le moindre test de l’Afssaps démontrant que le produit est nocif, donc il continuera à en faire le commerce.
Une évaluation de l’Afssaps pompée sur Internet ?
Dans son communiqué, l’Afssaps dit avoir mené « une évaluation afin de déterminer le statut des cigarettes électroniques ». Tous les fabricants français que nous avons interrogés (3 au total) nous ont répondu en chœur : « Jamais l’Afssaps ne nous a demandé les tests ou certificats en notre possession ». Ces tests seraient ils trop bénéfiques pour les fabricants et iraient-ils à l’encontre des grands Laboratoires Pharmaceutiques ?
Plusieurs études menées à l’étranger démontrent la grande efficacité des cigarettes électroniques sur leurs utilisateurs. Ces études, qui ne sont pas des évaluations, mais bien des recherches réalisés par de grands chercheurs américains, montrent bien l’innocuité de ces produits. Ces études concordent sur le fait que les cigarettes électroniques ne présentent aucun risque de toxicité. Au contraire, elles ajoutent qu’un taux très élevé de sevrage tabagique a été rendu possible grâce à son utilisation. (1)
En France, des études de ce type sortiront probablement dans dix ou vingt ans, juste le temps de laisser l’industrie pharmaceutique ou bien celle du tabac faire ses deniers sur le dos de nos chers concitoyens.
www.ecigarette-france.com
Une AMM ? Pourquoi faire ?
L’Affsaps demande, lorsque le sevrage tabagique est revendiqué, l’obtention obligatoire d’une Autorisation de Mise sur le Marché en tant que médicament. Tous les fabricants, ont sur ce point précis, le même discours : « Pourquoi payer plusieurs centaines de milliers d’euros, lancer des études sur cinq ou dix ans, pour avoir une réponse que nous connaissons déjà ? ».
Nous avons interrogé le leader sur le marché de la cigarette électronique, « www.ecigarette-france.com » voici sa réponse : « Notre produit est en vente depuis trois ans. A ce jour, aucun cas d’allergies ou d’effet secondaire suite à l’utilisation de notre produit ne nous a été rapporté ni par un utilisateur, ni par un médecin, ni par un pharmacien ou un organisme de santé. Trois années, c’est bien plus sérieux que deux mois d’essais cliniques sur des patients. Croyez vous que les pharmaciens auraient pris le risque de commercialiser un produit dangereux de leur propre chef ? Croyez-vous que des médecins, des pneumologues, des anesthésistes auraient prescrits nos cigarettes électroniques à leurs patients ? Tous les reportages Tv qui ont eu lieu depuis 3 ans font intervenir toujours les mêmes personnes. Sont-ils les seuls à avoir un avis sur les cigarettes électroniques ? Doit-on écouter l’avis d’une seule et même personne sur le sujet ?
Les médias font preuve d’une assez grande légèreté à ce niveau. Pour des sociétés comme les nôtres, il est éprouvant de voir que la réalité et ainsi masquée. Pourquoi ces gens la n’essayent ils pas d’avancer pour le bien de tous. Si le produit est nocif, qu’on le prouve puis qu’on l’interdise. »
Dans son communiqué, l’Afssaps explique que « Les cigarettes avec ou sans nicotine, ne peuvent être vendues en pharmacie car elles ne sont pas inscrites sur une liste de marchandises dont les pharmaciens peuvent faire le commerce ». Comment la cigarette électronique qui a vu le jour en 2008 pourrait elle être présente sur une liste datant de 2006 ? Tous les produits vendus en pharmacie sont ils présent sur cette liste ? La réponse des pharmaciens est non. Il n’y a juste qu’à rentrer dans la première pharmacie venue pour s’en rendre compte.
La Nicotine substance dangereuse ?
« L’Afssaps rappelle que la nicotine est classée substance « très dangereuse » par l’OMS ». Comment, dans ce cas, laisse-t-on les cigarettes en vente libre en France. Comment se fait-il que l’on puisse laisser des patchs, gommes à mâcher et autres produits en vente en pharmacie si la nicotine est si dangereuse? Un enfant pourrait se coller, lors d’un jeu, une boite entière de patchs sur le corps. Il pourrait aussi avaler une boite entière de gomme à mâcher juste pour réaliser de plus grosses bulles. L’AMM sur ces produits empêche-t-elle ce risque ? Il faut croire que oui.
Et concernant les solvants tels que le Propylène glycol ?
Voici le discours de l’Afssaps à ce sujet: « A ce jour, aucun effet indésirable ou cas d’intoxication en lien avec la présence de ces solvants dans les cigarettes électroniques n’a été rapporté ».
Risque et dépendance
Il est bien connu que certains sont dérangés par la fumée et préfère pour commencer leur dépendance à la nicotine utiliser des patchs ou des gommes à mâcher. Il en est de même avec la cigarette électronique. « Pas du tout !!! » vous me répondrez car avec la cigarette électronique il y a aussi la gestuelle. Cette gestuelle qui n’a pas lieu avec les inhalateurs qui, eux, possèdent une AMM.
Notre analyse a pour but de montrer comment il est facile de statuer sur un produit en France, surtout quand ces produits sont sous la compétence d’organismes n’ayants jamais commis d’impers (il suffit de voir l’actualité). Encore une fois, l’argent passe avant la santé des consommateurs et notre étude réalisée sur le terrain montre le ridicule de cet organisme qui doit être bien mieux encadré qu’il ne l’est aujourd’hui. Nous souhaitons affirmer que nous n’avons aucun parti pris et que nous avons juste réalisé un travail de terrain, au plus proche des acteurs de ce marché. Le constat nous a laissé sans voix, donc nous avons écrit.